Les sondages d'InfoSexoWeb

User Poll Sondage

Il y a plusieurs façons de rencontrer un nouveau compagnon ou une nouvelle compagne, dont les discussions par sur l'internet.

Croyez-vous que deux personnes peuvent devenir amoureuses par internet?

Choice Oui
Choice Non


[Résultats] [Plus]
Powered by SimplexLite Database
Brought to you by Aborior


Nos visiteurs sont intéressés par vos services!
Nos visiteurs sont intéressés par vos services!

Article scientifique :

La troisième force en psychothérapie : L’approche existentielle Humaniste.

Auteur : Robert Laberge M.A.

Les origines de cette approche

D'abord en Europe

Les psychothérapies phénoménologiques, humanistes ou existentielles trouvent leurs origines en Europe. C’est au psychiatre suisse Ludwig Binswanger, ami personnel de Freud, ami personnel de Freud, que nous devons la paternité de cette approche. Binswanger transposa l’existentialisme du philosophe Martin Heidegger à la psychanalyse. Son amitié avec Freud s’avéra durable malgré le fait qu’ils ne parvinrent jamais à se mettre vraiment d,accord sur la conception de l’homme. Une lettre de Freud adressée à Binswanger et citée dans un article de Rollo May démontre bien cette divergence :

Je me suis toujours limité au rez-de-chaussée et à la cave de l’édifice. Vous soutenez qu’en changeant de point de vue, on peut aussi percevoir l ‘étage supérieur où demeurent des hôtes aussi distingués que la religion, l’art, etc. J’ai déjà trouvé une place pour la religion, la situant dans la catégorie des «névroses» de l’humanité. Mais peut-être nous sommes-nous engagés dans une conversation de sourds et nos divergences ne pourront-elles être aplanies qu’après bien des siècles (1)

Puis en Amérique

C’est en Amérique, surtout depuis la fin des années cinquante et le début des années soixante, que la psychothérapie existentielle humaniste s’est affirmée avec le plus de vigueur. Cet essor considérable est attribuable, entre autres, à Carl Rogers, Rollo May, James F.T. Bugental, Abraham Maslow, Gordon Allport et Eugen Gendlin. L’ampleur de cette approche s ‘est révélée telle qu’on l’a surnommée la troisième force* (les deux autres étant la psychanalyse et le behaviorisme en psychothérapie (2). C’est James F. T. Bugental qui, en 1962, fut le premier président de l’American Association for Humanistic Psychology qu’il fonda avec Abraham Maslow. Rogers, May et Bugental sont considdérés comme les trois grands cliniciens et penseurs de cette approche alors que Maslow en fut le grand rassembleur. Nombreuses sont les approches nord-américaines ayant emprunté à cette école mais qui mettent l,accent sur les techniques souvent au détriment des prémisses de base. La valorisation outrancière d’une technique en psychothérapie est souvent suspecte. En effet, il est tentant, voire facile et rassurant pur un thérapeute inexpérimenté ou anxieux de se réfugier derrière une technique sécurisante tout en oubliant l’essentiel.

Par ailleurs les techniques ne doivent pas être négligées pour autant. Même si elles ne peuvent être considérées comme une fin, elles n’en représentent pas moins des moyens, des outils souvent fort importants. Un bon thérapeute se doit d’en posséder plusieurs dans son coffre à outils. Cependant, on ne remplacera jamais une approche de base par les seules techniques. Ed Jacobs, dans l’introduction de son excellent livre sur les techniques créatives, reconnaît lui-même toute l’importance de l’acquisition d’une formation préalable allant au-delà des seules techniques :

It is my strong belief that all counseling should have a theorical base and that the use of any technic mentioned in this book needs to be integrated into your theoretical approach (es) to counseling. Theory is a must. Do not be a « cop-out-eclectic » counseler (3).

Les techniques sont souvent faciles à apprendre. On ne peut en dire autant de la formation de base dans l’approche existentielle humaniste.

[* Le 28 novembre 1964 au Wesleyan University and Old Saybrook, Cunnecticut, lors du « First Invitational Conference on Humanistic Psychology American Association For Humanistic Psychology », James F.T. Bugental alors invité à prononcer le discours d’introduction qualifia l’approche existentielle : third force in psychology . On trouve ce discours d’introduction dans The Journal of Humanistic Psychology, Vol. V, No. 2, Fall 1965, pp. 180 - 181.]

Et au Québec

Au Québec, ces dernières années, l’approche existentielle humaniste a connu un essor remarquable grâce à la sexologie. C’est au professeur Jules Bureau , l’un des pionniers de la sexologie universitaire au Québec, que revient la paternité de l’approche existentielle en sexothérapie. Théologien et psychologue, le professeur bureau est le fondateur du Groupe d’études existentielles en sexologie de Montréal. Depuis de nombreuses années, le professeur Bureau entretient une amitié et une correspondance personnelles avec le Dr Bugental. C’est d’ailleurs grâce à lui que ce dernier fut invité à Montréal en octobre 1991 par le Groupe d’études existentielles en sexologie, l’Association des sexologues du Québec et le Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal.

Cet événement fut pour certains d’entre-nous une occasion privilégiée de rencontrer personnellement le Dr Bugental en plus de bénéficier, sous sa tutelle, d’une classe de Maître portant sur la psychothérapie d’orientation existentielle humaniste. Le Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal et el Groupe d »études en sexologie de Montréal sont devenus les hauts lieux de l’étude universitaire et de la promotion de l’approche thérapeutique existentielle humaniste. Le Groupe d’études est maintenant ouvert à tous les thérapeutes d’orientation existentielle qu’ils soient sexologues, psychologues, travailleurs sociaux ou autres.

Comment se produit le changement en thérapie existentielle

Tout changement en profondeur ne peut s’obtenir que de l’intérieur. En psychothérapie existentielle humaniste, la plus grande importance est accordée à l’expérience subjective. La condition thérapeutique fondamentale demeure la présence authentiquement et pleinement humaine du thérapeute à l’égard du client, et ce, en maintenant constamment le focus de l’intervention dans le champ d’expérience de ce dernier. Le thérapeute doit aussi s’assurer de la présence pleine et entière du client s’il veut vraiment l’aider à passer à travers els principales étapes du processus de changement souhaité. L’expérience clinique m ‘a permis d’identifier certaines étapes maintes fois observées lors du déroulement du processus de changement chez les clients obtenant des résultats thérapeutiques satisfaisants. Ces étapes me paraissent être d’une extrême importance. Les voici donc.

L’émergence

Il s’agit tout simplement de l’apparition d’un contenu d »expérience. L’intervention du thérapeute doit alors demeurer centrée sur ce que el client exprime ou essaie d’exprimer afin de favoriser pleinement l’accès à la deuxième étape.

Le « focusing »

Il s’agit du contenu de l’expérience ressentie et qui occupe toute l’attention en une immersion totale de la personne. Cette expérience, lorsque pleinement vécue, s’accompagne d’un mouvement corporel signifiant. Le client ressent souvent une sorte de soulagement après avoir vécue cette expérience, et ce, même s’il vient d’exprimer une expérience pénible.

Le recadrage

Si l ‘étape précédente s’est bien déroulée, une nouvelle signification peut apparaître. Quelquefois ce changement de perspective peut être précédé d’une courte période de confusion. Cette confusion faisant suite à une sensation de libération, de soulagement, n,est pas vécue péniblement.

Au contraire, cette confusion, le plus souvent de courte durée, est créatrice car s’ouvrant sur un changement favorisant l’agrandissement du champ de conscience, Un être humain ne peut demeurer trop longtemps dans la confusion sans risquer de sombrer dans la folie. En effet, l’état de confusion s’il dure trop longtemps devient très inconfortable et difficilement supportable. Un état de confusion persistant finira par provoquer un sentiment d’impuissance et une souffrance telle que la psychose peut devenir la seule porte de sortie. C’est ici que l’aide d’un thérapeute bien formé et compétent prend toute son importance : on ne s ‘improvise pas psychothérapeute.

L’action créatrice

Cette signification nouvelle de l’expérience commande de nouvelles façons d’agir faisant appel à des potentialités souvent ignorées dans le passé. La démarche thérapeutique existentielle humaniste est alors entièrement orientée vers l’actualisation du potentiel de la personne.

La durée de ces étapes peut varier considérablement d’une personne à l’autre. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que les nouvelles significations obtenues par le recadrage et toutes les autres formes de changement survenues proviennent directement de l’expérience subjective du client lui-même. Tout le processus thérapeutique tend à mettre en branle des ressources peu ou pas utilisées auparavant. Ce processus tend donc à déboucher sur une importante libération d’énergie dont l’existence était jusqu'alors ignorée, provoquant ainsi un accroissement sensible de vitalité et de force chez la personne impliquée face à un aspect important de sa vie. Bugental lui-même nous disait lors de la classe de maître tenue à l’université du Québec à Montréal en 1991, que les mots existentiel et humaniste réfèrent directement au vécu et au potentiel du client.

Dans la thérapie d’orientation existentielle humaniste les diverses techniques de reformulation sont largement utilisées mais, contrairement à l’approche rogérienne, le thérapeute peut parfois être directif mais toujours à la condition que la relation thérapeutique soit bien établie et qu’il s’en tienne aux limites du champ d’expérience du client, à son vécu. La confrontation est aussi une technique souvent utilisée. Ces techniques, aussi nombreuses soient-elles, ne sont que des moyens, des outils que le thérapeute se doit de bien maîtriser dans le but de mieux saisir et de mieux comprendre la subjectivité et le plan de vie d’une personne engagée dans une relation d’aide avec lui. Carl C. Jung a fort bien exprimé toute l’importance de la subjectivité propre à chaque être humain :

Si je veux comprendre l’humain individuel, je dois laisser de côté toute la connaissance scientifique que j’ai de l’homme moyen, renoncer à toute théorie, pour m’ouvrir, autant que faire se peut, à une confrontation nouvelle et sans préjugé. Je ne peux aborder la tâche de la compréhension que « vacua et libera mente », d’un esprit libre et non encombré, alors que la connaissance de l’homme exige tout le savoir possible et imaginable sur l’homme [,,,]

Or c’est l’individu qui, en tant que donnée irrationnelle, est le véritable porteur de la réalité. C’est dire que c’est l’individu qui est l’homme concret, par opposition à l’homme normal ou à l’homme idéal qui, lui, est une abstraction, cette abstraction étant la seule base des formulations scientifiques (4).

En conclusion

La thérapie d’orientation existentielle humaniste s’adresse à ceux et celles qui veulent apprendre à se connaître un peu plus et à mieux utiliser leur potentiel. Elle ne s’adresse donc pas qu’a des personnes confrontées à des états pathologiques. Le sexothérapeute d’orientation existentielle est particulièrement habilité à traiter les problèmes reliés à des failles de l’identité sexuelle mais aussi toutes les difficultés d’ordre existentiel comme le mal de vivre, les différentes formes de dépendance affective et les problèmes pouvant être liés à l’orientation sexuelle. En outre, il a souvent développé une expertise dans le traitement des difficultés relationnelles dans le couple.

Références

1. May, Rollo. L’apparition de la psychologie existentielle, PSYCHOLOGY EXISTENTIELLE, Epi, Paris, 1971, p. 32. Cet ouvrage consacré à la psychologie existentielle contient des textes de Gordon Allport, Herman Feifel, Abraham Maslow, Rollo May et Carl Rogers. Le titre original anglais est Existentiel Psychology, Random House, 1965.

2. Jacobs, Ed. CREATIVE COUNSELING TECHNIQUES : an Illustrated Guide, Odessa Florida, 1992, p. 7.

3. Jung, Carl C.G. PRÉSENT ET AVENIR, Buchet-Chatel, Paris, 1962, p. 17-18-21.

4. Laberge, Robert. À qui s’adresse la psychothérapie existentielle, LE LIEN, Groupes d’études pour la promotion de l’approche existentielle en sexologie, vol. 4, no 3A, mars 1994, p. 9-12

Auteur

Roberge Laberge M.A.

Parution

ARTICLE paru dans SEXOLOGIE ACTUELLE – Volume 111, numéro 2, janvier 1995, p 4-5 et 13.

Suggestions de lecture en français

Suggestions de lecture en anglais

alapage.com


Nos visiteurs sont intéressés par vos services!
Nos visiteurs sont intéressés par vos services!

Retour à l'accueil d'InfoSexoWeb

Hit-Parade des sites francophones

Classement de sites - Inscrivez le vôtre!

annuaire